MAMIES FOOT

avril 2010 - Nkowankowa - Afrique du Sud

« J’ai eu six attaques cardiaques, j’avais de la tension et des problèmes pour marcher, mais aujourd’hui grâce au football, je vais beaucoup mieux », explique Nora, une Sud-africaine de 84 ans, devant le terrain de sport qu’elle foule deux fois par semaine. Pour elle, comme pour une trentaine de joueuses, le miracle du foot a opéré. A Nkowankowa, un township de Tzaneen, dans la province du Limpopo, les mamies ont constitué une équipe voilà trois ans. Deux fois par semaine, elles troquent leurs savates traditionnelles contre des chaussures à crampons, leur longue jupe contre des maillots synthétiques et s’entraînent comme les pros. Ambiance bon enfant, au son des vuvuzelas (corne des supporters) chants et danses traditionnelles avant match, mais sur le terrain, les mamies se démènent. Messi, Maradona… chacune a son pseudonyme qu’elles dévoilent en riant. La démarche de ces grands-mères dépasse le seul cadre sportif : pour elles, c’est aussi une renaissance, après de gros soucis de santé ou un quotidien difficile que le foot permet de quitter momentanément. Angelina, 70 ans, ne marchait plus. « Aujourd’hui c’est mon mari, un ancien footballeur qui reste à la maison et moi qui suis au stade », rigole-t-elle. Leur prochain objectif, participer à une compétition de senior aux Etats-Unis et créer une Coupe du monde des mamies. On ne les arrête plus. texte David Breger

Roméo, 21 ans, est l'entraîneur des Vakhengula « One one » à l'échauffement, surnommée ainsi pour sa démarche chaloupée "Messi", surnomée ainsi pour ses nombreux dribbles Nora Makhubele, 84 ans, la doyenne des mamies footballeuses Angelina Hlophi, 70 ans, avait des problèmes pour marcher Préparation du traditionnel pap, un porridge de maïs